Tissage aux cartes et reproduction historique, la suite

Le galon de Saint Césaire d’Arles #2

Le mois dernier je vous parlais de ma visite au Musée Laïque d’Art Sacré du Gard de Pont-Saint-Esprit (ça se passe ICI si vous ne l’avez pas encore lu). J’ai pu y observer le reliquaire de Saint Césaire d’Arles qui présente un morceau de galon tissé aux cartes. Il est daté du VIe siècle de notre ère et il est dans un état de conservation assez magnifique ! N’hésitez pas à aller faire (ou refaire) un tour sur le premier article pour voir toutes les photos de cet pièce historique incroyable. 

Mais après l’avoir vu et photographié sous tous les angles, il fallait ensuite l’étudier pour pouvoir essayer de le reproduire. Vous êtes prêt·e·s pour l’aventure ? Alors c’est parti ! 

photographie du galon de Saint-Césaire d'Arles

Étudier pour essayer de comprendre

La première étape incontournable pour reproduire un galon historique tissé aux cartes est toujours de l’étudier le plus précisément possible. C’est donc armé de mes crayons de couleurs et de nombreuses feuilles que j’ai commencés pour essayer de redessiner les motifs présents sur le galon original. Vous pouvez voir les différentes étapes sur les photos juste en dessous.

Tout d’abord, j’ai reproduit les dessins du mieux possible. Avec des annotations sur les couleurs et sur le nombre de carte que je pensais être nécessaire pour chaque partie. Ici le motif est assez « simple » car il présente une bande claire à gauche et une bande rouge à droite avec le motif blanc qui apparait au milieu. J’ai donc pu estimer le nombre de cartes nécessaire pour chaque bande de couleur.

Ensuite, il a fallu réfléchir à la manière dont le motif en blanc était construit. C’est très clairement l’étape la plus longue et la plus difficile ! Vous pouvez en voir une partie sur la troisième photo. C’est le moment où je travaille avec une feuille à petits carreaux avec un crayons gris et plusieurs couleurs. L’objectif est de comprendre comment se comportent les fils pour essayer de reproduire au mieux le motif qu’ils forment. Et je vous avoue honnêtement que c’est une partie très ingrate du processus de reproduction de galons historiques ! Cela prend des heures et ce n’est pas un travail très gratifiant. Mais il est nécessaire pour avoir ensuite un tissage fidèle à l’original !

photo des études réalisés dans le cadre de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles
photo des études réalisés dans le cadre de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles
photo des études réalisés dans le cadre de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles

Place au tissage

Reproduire des galons tissés aux cartes d’après des originaux historiques est un travail de longue haleine. On voit souvent sur les réseaux sociaux les photos de magnifiques galons terminés qui ont vraiment fière allure. Mais avant ça, se cachent de nombreux tests et échecs qui peuvent ressembler à la photo ci-contre. Et elle ne vous montre qu’une petite partie des tests que j’ai fait pour parvenir à un résultat concluant.

Derrière cette photo, se cachent des dizaines d’heures de tissage ! Mais aussi de reprises du patron, de tests, d’échecs, de remise en question et de gros mots quand ça ne marche pas. Mais il y a aussi des moments incroyables quand les cartes (ou les astres ?) s’alignent enfin pour former ce que l’on souhaite. Que ce que l’on essaye de faire depuis des heures et des jours (des semaines) fonctionne enfin ! C’est un sentiment incroyable que je vous souhaite à toustes de ressentir un jour !

photo des tests réalisés dans le cadre de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles

Vous l’aurez compris, reproduire le galon de Saint Césaire d’Arles n’a pas été un petit projet d’un dimanche après-midi pluvieux. Au total c’est près de 70 heures de travail qui se cachent derrière les photos que je vous laisse découvrir ensuite. Mais pour rien au monde je regrette d’avoir passé ces heures à travailler sur ce projet de reproduction historique. Parce que cela m’a permis de mieux comprendre certaines choses. Et aussi de mieux appréhender le tissage aux cartes que je pratique tous les jours.

Mais aussi parce que ces expérimentations font partie intégrante de mon travail de mémoire et que je vais pouvoir les valoriser dans un travail de recherche universitaire. L’Histoire, ce n’est pas seulement lire des livres dans des bibliothèques. C’est aussi prendre les outils en main et oser se lancer. Et c’est ce que j’adore dans mon métier de galonnière et d’historienne : chercher pour ensuite reproduire. Parce j’estime que c’est en faisant, en essayant et en réussissant enfin que l’on comprend au mieux les choses.

J’ai la chance incroyable d’être accompagné dans ce travail de recherches par des encadrant·e·s qui croient en moi et qui me soutiennent sans limite. Même quand je leur présente une idée farfelue de reproduction, iels m’encouragent à avancer, à faire bouger les lignes et à expérimenter. Et ce soutien là fait toute la différence !

photo de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles
photo de la reproduction du galon de Saint Césaire d'Arles

Vous vous en doutez, la reproduction du galon de Saint-Césaire d’Arles n’est que le premier d’une longue liste ! Au cours des prochains mois il y en aura d’autres qui seront présentés dans des articles de blog, alors restez à l’affut ! 

Bien entendu toutes les photographies présentes sur cet article de blog sont ma propriété et son protégées par le droit d’auteur. Leur utilisation, peut importe la forme, est strictement interdite. Des poursuites pénales seront engagées pour toute réutilisation non autorisées. 

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